Vendredi 2 octobre 2009 5 02 /10 /Oct /2009 18:45

Premier article...

 

Hem. Dépucelage obligatoire pour un néophyte en matière de blogalisation. Me voilà déjà pantelant devant la foule de question se pressant dans mon esprit : réussirai-je à le tenir ? qu'écrirais-je ? tel ou tel mot sera t'il accepté ? Bon, il me faut néanmoins avouer que je sais répondre à quelques une. Un exemple au hasard : la seconde. Je vais écrire des histoires. Certaines seront intéressantes, d'autres non, enfin, c'est un point de vue. Et puisqu'il faut un début à toute chose, je vais démarrer maintenant.


Il était une fois, dans un royaume sombre et inquiétant, un petit être tout à fait charmant cherchant à poindre le bout de son nez. Il n'avait pour ainsi dire aucune maison : il n'y avait aucun abri là où il habitait, comme un peu partout dans ce pays. L'on pourrait penser qu'une méchante sorcière gouvernait ces terres, mais pas du tout. Ni sorcière maléfique, ni dragons ténébreux, ni même roi fou. En fait, personne ne gouvernait cette lande, et c'était bien là la raison de tous ses malheurs. Le chaos -non personnifié attention- était seul maître à bord : les bêtes combattaient les bêtes, les ronces envahissaient les fleurs qui avaient bien du mal à subsister, l'orage laissait bien de temps à autres le soleil briller de ses milles feux, mais c'était pour mieux recouvrir de ténèbres le pays. Partout la tension et la folie étaient palpables, et c'était dans ces terres là qu'habitait cette charmante et désarçonnée créature.
Quand la nature vit sa non-oeuvre s'étendre sur des lieues et des lieues, elle décréta qu'elle rattraperait la chose en offrant à tous les habitants de cette terre la plus exquise de ses créations. Aucun poète, aucun écrivain ne pourrait peindre avec suffisamment d'élégance celle qui n'avait pas de nom. Lorsqu'elle apparaissait, les différents combats et autres querelles de pacotilles s'interrompaient pour la contempler. Mais hélas reprenaient juste après, car là était la principale distraction des habitants de ces contrées. Partout où ses pas la portaient, elle pouvait goûter le bonheur éphémère de la paix et de la sérénité, mais constamment ses espoirs déçus la désespérait et son tourment reprennait alors, plus intense et plus terrible que jamais.
Il lui aurait fallu dialoguer, mais elle n'avait pas d'interlocuteurs à trouver : chacun était égal à chacun, et personne ne voulait entendre quoi que ce soit. Alors elle errait dans cette contrée maudite, cherchant dans la folie des autres des raisons d'espérer; mais dans les yeux de chaque, la lueur de la démence seule était visible. Elle avait traversé le royaume deux fois déjà, se liant d'amitié avec personne, car personne ne connaissait ce mot, lorsque sa créatrice, désespérée de la voir se morfondre ainsi, se présenta à elle, au bord d'un lac.

-"Ô mon enfant, je devine sans peine tes tourments. J'avais espéré qu'en te faisant ainsi les choses se seraient inversées. Hélas, je voie à présent que j'ai eu tord, et que l'atmosphère malsaine de ces lieux, loin de s'atténuer par ta présence, te contamine à ton tour. Dis moi, mon enfant, que puis-je faire pour toi ?"
-"Ô mère divine, en me créant en ces terres, tu me condamna à errer en ces contrées maudites; je ne puis sortir de ces lieues qui me hantent, et pourtant je ne puis non plus apporter réconfort et paix dans les coeurs déchirés des habitants. Je t'en supplie, ô ma mère, abrège mes souffrances, donne en moi la folie des autres que je soit comme eux, ou bien achève moi, car je ne puis plus supporter d'être aussi différente."

La nature secoua sa tête, dépitée de voir ainsi son oeuvre perdre face à celle du chaos, et prononça :

-"Non, ma fille, ce que tu me demandes, je ne puis l'accepter, car il est déchirant pour une mère de perdre ainsi son enfant. Cherche encore, garde espoir 12 mois durant, passé ce laps de temps, je te délivrerais de ta malédiction, et tu pourras aller où il te plaira."

Alors, elle partit, cherchant de nouveau dans les contrées austères un peu de miel. Mais partout encore, pleurs, sang et cris résonnaient et coulait. De temps à autres, dans la folie générale, les bêtes se reproduisaient, pour assurer encore au chaos une longue vie. Alors, la marche folle devint course, ne sachant trop quoi faire, s'arrêter et parler, ou courir, espérer ou se résigner. Les uns ressemblaient aux autres, sans jamais une variation. Alors, elle se prit à regarder les contrées interdites, là où le maléfice l'empêchait de se mouvoir, là où elle ne pouvait aller. C'est alors qu'elle se remémora les paroles de la nature. Plusieurs fois elle tenta de passer de l'autre côté, mais les 12 mois ne s'étaient encore écoulés. Elle erra, bordant la frontière, couvant des yeux son espoir, résolue à attendre la date promise, réessayant de temps à autres.
Mais les saisons étaient ainsi faites que si l'on ne cherchait pas à se protéger, la terrible maladie ne manquait pas de s'emparer de vous, et la pauvre créature était tellement à son rêve d'évasion qu'elle ne sentit pas sa perfide ennemi souffler dans son cou. Cela démarra par des frissons, cela se poursuivit par des tremblements. Petit à petit elle sentit que jamais elle ne verrait son rêve s'aboutir. Alors, elle changea d'objectif, et voulu revoir pour une dernière fois le plus bel endroit qu'elle eut aperçu : le lac où se présenta la nature. Il était au beau milieu de la contrée, à plusieurs lieues de là où elle se trouvait.

A la vue de ce pauvre être si chétif et si beau, les différentes créatures peuplant le royaume cessèrent immédiatement leur combat dérisoires. Seulement, elle ne le voyait plus. Elle ne cherchait qu'à marcher, qu'à avancer; elle ne remarquait pas ces regards interloqués, elle ne distinguait pas le silence. Elle parcourut des lieues et des lieues, trainant sa carcasse entre les arbres, mais gardant encore sa beauté à peine atténuée par la maladie. Elle arriva alors à la berge qui avait bien peu changée par rapport à ses souvenirs, elle s'étendit, elle ferma les yeux et entra définitivement dans un repos mérité.

A ce spectacle, les différentes bêtes qui regardaient restèrent un moment estomaqué, puis une émotion indicible -la première hormis la colère qu'elles ressentirent- s'empara d'elles. Devant ce sentiment de grande pertes, elles s'unirent pour la première fois de leur existence, et la firent disparaître dans le lac, comme pour l'inhumer.

Par Ephemarion - Publié dans : Histoire
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires

Présentation

Recherche

Catégories

Créer un blog gratuit sur over-blog.com - Contact - C.G.U. - Rémunération en droits d'auteur - Signaler un abus